Le 25 septembre 2025, le site Naval Group de Cherbourg a officiellement débuté la fabrication des premières pièces des chaufferies nucléaires du porte-avions de nouvelle génération, désormais baptisé France Libre.

Ces réacteurs de type K22, conçus par TechnicAtome, délivreront chacun 220 MW de puissance thermique — soit 47 % de plus que les K15 équipant actuellement le Charles de Gaulle. Deux réacteurs seront installés à bord, pour une puissance totale de 440 MW.

Cette puissance accrue est indispensable pour alimenter les trois catapultes électromagnétiques EMALS et les futurs systèmes d'armes à énergie dirigée que le navire devra accueillir au cours de sa carrière.

Cherbourg est un site historique pour la propulsion nucléaire navale française. La ville normande a déjà assuré la fabrication et la maintenance des réacteurs des sous-marins nucléaires — Rubis, Triomphant, Barracuda — ainsi que ceux du Charles de Gaulle. Le savoir-faire accumulé sur plusieurs décennies fait de ce site l'unique endroit en France capable de réaliser ces pièces de haute précision.

La fabrication des chaufferies est l'une des premières étapes concrètes du programme, bien avant la découpe de la première tôle de la coque prévue à Saint-Nazaire en 2031-2032. Les réacteurs nécessitent en effet un cycle de fabrication extrêmement long — plusieurs années — en raison de la complexité des matériaux et des exigences de sûreté nucléaire.

Le démarrage de cette fabrication confirme que le programme est entré dans une phase active, après le lancement officiel en réalisation annoncé par Emmanuel Macron en décembre 2025 lors d'un déplacement aux Émirats arabes unis.