Le 24 mars 2026, une semaine après le baptême du porte-avions à Indret, Naval Group a annoncé la sélection d'Arabelle Solutions pour fournir les turbines du système de propulsion nucléaire du France Libre. Un contrat stratégique qui ancre un peu plus le programme dans l'industrie française.

Quatre turbines, deux sites, une livraison en 2030

Le contrat porte sur quatre turbines à vapeur, leurs régulateurs de vitesse associés, ainsi que quatre sécheurs à grande vitesse. Ces équipements critiques seront fabriqués sur deux sites industriels français : La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et Belfort (Territoire de Belfort), pour une livraison prévue d'ici 2030 — soit huit ans avant la mise en service du navire.

Une histoire qui remonte au Foch et au Clemenceau

Le choix d'Arabelle Solutions ne surprend guère les connaisseurs du secteur. L'entreprise avait déjà fourni et entretenu les turbines du Charles de Gaulle depuis sa mise en service en 2001. Ses prédécesseurs avaient fait de même sur le Foch et le Clemenceau. Trois générations de porte-avions, une même famille industrielle.

Le retour d'une technologie française

Arabelle Solutions est une filiale du groupe EDF depuis son acquisition auprès de General Electric en 2024. Ce rachat, voulu par l'État, visait à rapatrier une technologie stratégique en mains françaises. Le programme mobilise plus de 800 entreprises et plus de 200 métiers industriels, avec environ 90 % des retombées économiques bénéficiant à des entreprises françaises.

Belfort en pleine montée en puissance

Depuis son rachat, Arabelle Solutions a recruté 500 personnes, retrouvé l'équilibre financier et engagé un programme d'investissement de 350 millions d'euros pour agrandir son site belfortain de 20 000 m². Plus de 500 nouveaux recrutements sont prévus en 2026, portant l'effectif total à près de 4 000 salariés.

Le K22, un réacteur près de 50 % plus puissant

Les turbines d'Arabelle seront couplées aux deux réacteurs K22 développés par TechnicAtome. Ces chaufferies délivrent chacune 220 MW de puissance thermique, contre 150 MW pour les K15 du Charles de Gaulle, soit une hausse de près de 47 % par réacteur. Une puissance indispensable pour alimenter les catapultes EMALS et les futurs systèmes d'armes embarqués.