La fin de la vapeur
Depuis des décennies, les porte-avions à catapultes utilisent la vapeur produite par les réacteurs nucléaires pour propulser les aéronefs. Le Charles de Gaulle fonctionne ainsi avec deux catapultes à vapeur de type C13-F. Le France Libre rompt avec cette tradition : ses trois catapultes seront de type EMALS — Electromagnetic Aircraft Launch System — une technologie développée par General Atomics pour l'US Navy et déjà embarquée sur l'USS Gerald Ford. C'est la première fois que la Marine nationale adopte ce système.
Comment ça marche ?
Le principe de l'EMALS repose sur un moteur linéaire à induction. Un chariot accélérateur est propulsé le long d'une piste par un champ électromagnétique généré par des bobines alimentées en énergie électrique. Contrairement à la vapeur, la puissance de lancement est contrôlable avec une précision extrême — on peut adapter l'énergie fournie au poids et au type de l'aéronef, qu'il s'agisse d'un Rafale M de 15 tonnes ou d'un drone léger. Cette modularité est un atout considérable pour les opérations futures.
Moins d'usure, plus de disponibilité
L'un des avantages majeurs de l'EMALS sur la vapeur est la réduction de la fatigue structurelle imposée aux aéronefs. Les catapultes à vapeur génèrent un pic de force brutal au départ — un choc que les cellules des avions doivent absorber des milliers de fois. L'EMALS lisse cette accélération sur toute la course, réduisant significativement les contraintes mécaniques. Résultat : une durée de vie des aéronefs allongée et des coûts de maintenance réduits sur le long terme.
Trois catapultes contre deux
Le France Libre disposera de trois catapultes contre deux sur le Charles de Gaulle. Ce nombre supplémentaire augmente le rythme de lancement potentiel — crucial lors d'opérations intensives. Combiné à la flexibilité de l'EMALS, cela permettra au France Libre de projeter sa puissance aérienne avec une cadence et une adaptabilité inédites pour la Marine nationale. Un bond en avant de plusieurs décennies par rapport à son prédécesseur.