Du premier coup de soudure à Cherbourg jusqu'à l'admission au service actif en 2038, la construction du France Libre s'étale sur plus de douze ans. Voici les grandes étapes du programme, telles qu'elles sont officiellement planifiées à ce jour.

Ce qui est déjà fait

Le programme a démarré bien avant le baptême. Dès octobre 2018, les études préliminaires sont lancées. En décembre 2020, Emmanuel Macron entérine l'option nucléaire. En avril 2024, la DGA notifie les premières commandes de propulsion pour 600 millions d'euros. Le 25 septembre 2025, sur le site Naval Group de Cherbourg, la première soudure des enceintes de confinement des chaufferies K22 est réalisée — deux colosses de 14 mètres de haut et 1 300 tonnes chacun. Le 21 décembre 2025, le dossier de lancement en réalisation est signé. Le 18 mars 2026, Emmanuel Macron baptise officiellement le navire "France Libre" à Indret.

2026-2028 : études et conception

La phase actuelle est une phase de conception détaillée. Les architectures primaires des chaufferies K22 ont été validées le 4 février 2026. La revue de conception préliminaire est attendue en 2028 — un jalon technique majeur qui conditionne le lancement effectif de la construction de la coque. C'est également en 2028 que sera posée la question d'un éventuel second porte-avions.

2031-2032 : la découpe de la première tôle à Saint-Nazaire

C'est le moment symbolique que les passionnés attendent : la découpe de la première tôle de la coque aux Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire. Prévue entre 2031 et 2032, cette étape marquera le début visible de la construction du navire. Les Chantiers de l'Atlantique, qui ont déjà assemblé des paquebots de 360 mètres comme le Wonder of the Seas, sont le seul site en France capable de construire un bâtiment d'un tel tonnage.

2035 : transfert à Toulon

Une fois la coque assemblée à Saint-Nazaire, le France Libre sera transféré à la base navale de Toulon pour les phases d'armement, d'équipement et de chargement du combustible nucléaire. Cette phase est prévue à partir de mi-2035.

2036 : les essais en mer

Les essais en mer sont planifiés pour 2036. Pendant deux ans, le navire sera soumis à une batterie de tests — propulsion, systèmes de combat, catapultes EMALS, appontage. C'est lors de cette phase que les premiers pilotes de Rafale Marine poseront leur train d'atterrissage sur le pont du France Libre.

2038 : admission au service actif

La mise en service officielle est prévue pour 2038, soit 37 ans après le Charles de Gaulle. À cette date, le navire rejoindra la flotte et le Charles de Gaulle commencera son retrait progressif du service actif. La Marine nationale retrouvera alors une pleine capacité aéronavale — pour les quarante années suivantes.