La ville des géants
Saint-Nazaire n'est pas un chantier naval ordinaire. C'est ici que sont nés le Normandie, le France, et plus récemment le Wonder of the Seas — le plus grand paquebot du monde. Les bassins de la Loire ont vu défiler des colosses d'acier depuis plus d'un siècle. Aujourd'hui, Naval Group et son partenaire Chantiers de l'Atlantique s'apprêtent à écrire un nouveau chapitre : l'assemblage de la coque du France Libre, porte-avions de 310 mètres et 80 000 tonnes, attendu pour 2038.
Un chantier hors normes
Contrairement au Charles de Gaulle — entièrement construit à Brest — le France Libre sera le fruit d'une coopération industrielle inédite entre plusieurs sites. Saint-Nazaire prendra en charge la construction et l'assemblage de la coque principale. Les cales sèches du site sont déjà dimensionnées pour accueillir des structures de cette envergure, grâce aux décennies d'expérience acquises sur les paquebots géants. La découpe de la première tôle est prévue entre 2031 et 2032.
Des milliers d'emplois en jeu
Le lancement du France Libre représente un enjeu économique considérable pour la région. On estime à plusieurs milliers le nombre d'emplois directs et indirects générés par le programme sur l'ensemble de sa durée. Naval Group a déjà engagé des plans de recrutement et de formation pour anticiper les besoins spécifiques à ce type de construction militaire — très différente techniquement des navires civils habituellement produits à Saint-Nazaire.
Un savoir-faire unique en Europe
Peu de chantiers navals dans le monde sont capables d'assembler un navire de cette taille et de cette complexité. Saint-Nazaire fait partie de ce cercle très fermé. La maîtrise des grandes sections modulaires, développée sur les paquebots, sera directement applicable à la construction du France Libre. C'est un avantage stratégique que la France entend pleinement exploiter pour tenir les délais de 2038.